L'IA, Une Insulte A la Vie : Le Studio Ghibli

L'IA arrive dans l'anime mais Hayao Miyazaki est irremplaçable ?
L'intelligence artificielle (IA) pourrait prendre le travail des artistes japonais d'animation, mais rien ne pourra remplacer le talent d'Hayao Miyazaki, l'âme créatrice du Studio Ghibli, affirme son fils Goro à l'AFP.
Après la mise en ligne de la version actualisée de ChatGPT (GPT-4o), internet a été inondé d'images et de memes générés dans le style du fameux studio d'animation, à qui l'on doit notamment les films Mon voisin Totoro, Porco Rosso ou encore Princesse Mononoké.
Il ne serait pas surprenant que, dans deux ans, un film (d'animation) soit entièrement réalisé par l'IA", affirme Goro Miyazaki, pour qui l'IA pourrait un jour "remplacer" les créateurs.
Cette vague d'images virales générées par le programme d'OpenAI a d'ailleurs ouvert un débat sur la violation potentielle des droits d'auteur et l'utilisation de contenus pour développer ces logiciels.
Lors d'un entretien fin mars dans les locaux du Studio Ghibli, Goro Miyazaki s'interroge : le public est-il vraiment prêt à regarder un film d'animation généré par IA ?
Il reconnaît cependant que les nouvelles technologies permettent l’émergence de talents inattendus.
La Gen Z et le dessin
Le Japon est confronté à une pénurie d'animateurs qualifiés, notamment à cause des longues années d'apprentissage mal rémunérées.
Selon Goro, la Gen Z, ultra-connectée, pourrait se détourner du dessin manuel :
Le monde regorge d'occasions de regarder n'importe quoi, n'importe quand, n'importe où", ce qui rend plus difficile de vivre du dessin.
Son père, Hayao Miyazaki, a fondé le Studio Ghibli avec Isao Takahata en 1985 après avoir réalisé Nausicaä de la Vallée du Vent.
Après le décès de Takahata en 2018, Hayao (84 ans) a continué à créer aux côtés du producteur Toshio Suzuki (76 ans).
Si ces deux personnes ne peuvent plus faire d'animation ou ne peuvent plus bouger, alors que se passera-t-il ?", se demande Goro Miyazaki.
Ce n'est pas comme s'ils pouvaient être remplacés.
Une œuvre imprégnée de profondeur
Malgré son âge, Hayao Miyazaki a remporté un deuxième Oscar avec Le garçon et le héron, probablement son dernier long métrage.
Contrairement à ce que l’on croit, ses œuvres, comme celles de Takahata, ne sont pas que pour les enfants :
Il n'y a pas que de la douceur, mais aussi de l'amertume et d'autres choses qui s’entrelacent magnifiquement dans l’œuvre", décrit Goro.
Il évoque même une "odeur de mort" qui imprègne ces films.
Pour les jeunes qui ont grandi en temps de paix, il est impossible de créer quelque chose avec le même sens, la même approche et la même attitude que la génération de mon père.
Une insulte à la vie ?
Une vidéo de Hayao Miyazaki datant de 2016 a refait surface. Il y exprimait son profond rejet de l’animation assistée par IA :
Je pense sincèrement que c'est une insulte à la vie même", disait-il, à propos d’une animation IA représentant une créature zombie.
Il l’avait qualifiée d’"extrêmement désagréable.
🎙️ Mon avis personnel (entre Art et Code)
En tant que passionné de technologie, de code et de création visuelle, cet article me touche profondément. Je suis au carrefour entre deux mondes : l’Art, fait de sensibilité, d’émotion, de traits imparfaits mais humains — et le Code, fait de logique, de puissance et de potentialités infinies.
Oui, il fait mal de voir que l’IA prend peu à peu la place des artistes.
Oui, la technologie évolue à une vitesse fulgurante.
Mais non, l’IA ne remplacera jamais l’âme humaine.
L’IA est un outil. L’art est une expression.
L’IA peut imiter, mais elle ne ressent rien.
Le monde doit évoluer, c’est une réalité. Mais la beauté de l’art viendra toujours de l’homme, de sa douleur, de sa joie, de ses souvenirs, de ses rêves.
Et tant que nous, humains, ressentirons quelque chose — alors l’art vivra.
✍️ Un pont entre deux mondes, une main dans le code, l'autre dans l'encre.
